Finalement, il n'est pas si démodé, mon "Professor Vulgus" ! Il aurait certes besoin d'un petit coup de dépoussiérant, ne serait-ce qu'au niveau des chiffres. Il ne se couvre plus de craie (ou beaucoup plus rarement) depuis que le tableau blanc a fait son apparition. Son niveau de vie s'est amélioré en même temps que celui de la "classe moyenne". Et il y aurait peut-être un petit chapitre à ajouter, sur ses relations avec l'informatique, qui n'était pas vraiment entrée à l'école en 1989. Mais pour le reste... qu'en dites-vous ?
Dans cette plaquette, figurait aussi un récit d'anticipation sur la disparition des enseignants... Je le copierai un de ces jours... Ce n'est pas humoristique... mais cela peut être intéressant aussi, d'une autre manière...
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Je vais encore faire envie à Axel : deuxième contrôle de grammaire hier en 3ème... et même silence concentré que lors du premier... Mêmes demandes d'aide discrètes de la part d'élèves comprenant mal une consigne, et d'élèves en très grosse difficulté (qui, suivant les cours de loin en loin, n'apprenant pas les leçons, ne faisant pas les exercices au fur et à mesure... tentent tout de même "l'impossible" le jour du contrôle !). J'ai beaucoup d'admiration pour ces élèves que tout désigne comme "perdus" et qui, malgré tout, s'escriment pendant une heure sur un contrôle. Ils viennent me voir plusieurs fois (un surtout), veulent s'assurer qu'ils ont bien compris ce que je leur ai dit la fois précédente. Évidemment, je ne leur donne pas les réponses, mais j'arrive toujours à trouver, sur l'un ou l'autre exercice, une notion qu'ils connaissent plus ou moins, à laquelle ils peuvent s'accrocher. Ils ne peuvent faire tous les exercices, bien sûr. Mais ils s'attachent à "bien faire" ce qui leur (me) semble à leur portée. Et c'est déjà beaucoup !
Encore une fois, j'ai la chance d'enseigner dans une région assez calme, loin des grands ensembles. Et, si les élèves de mon collège n'ont pas grand chose à voir avec leurs prédécesseurs d'il y a 25 ans, ils sont tout aussi loin (plus encore peut-être) de ceux "des cités"... bien que certains tentent de les imiter (tenues, attitudes, langage...). Tout n'est pas gagné pour autant, et il faut chaque jour se battre pour capter - et conserver - l'attention des élèves, vite dispersés, rêveurs, bavards, ou s'occupant à quelque "activité manuelle" (manipuler ciseaux ou compas, couvrir de "blanc" leur classeur ou leur trousse, "dessiner" au feutre sur la main de leur voisin...).
C'est, à mon avis, une des différences les plus grandes entre les élèves "d'hier" et ceux d'aujourd'hui : l'immobilité leur semble tout à fait impossible, ou dangereuse. Si "la nature a horreur du vide", il semble que, de plus en plus, les enfants aient horreur de l'immobilité. Et, si leur "activité manuelle" est au départ simple occupation des mains, elle devient très vite prédominante et capte toute leur attention... au détriment du cours.
J'aurais tendance à y voir un signe du stress, voire de la névrose ambiante des adultes qui les entourent...