Croissance
Le deuxième grave problème de l'espèce, outre la raréfaction de la reproduction, est la croissance. En effet, quelle que soit son origine, le professeur est plongé dans un "milieu ambiant" qui exige de lui une parfaite adaptabilité. Or, peu de gens se soucient aujourd'hui de l'aider à croître par des stages divers qui lui permettraient de se ressourcer et donc de grandir en efficacité. Faute de quoi, livré à ses seules ressources la plupart du temps, il vit en vase clos et s'étiole (6). Cette inconséquence des pouvoirs publics à l'égard de toute une espèce tendant à se raréfier est grave, et renforce les problèmes de survie évoqués plus haut. D'autant que, de par sa fonction, le professor vulgus est sujet à des affections variées.
Les maladies particulières à l'espèce
Passons rapidement sur les maladies de type physique, bien connues de tous. Il s'agit par exemple de la scriptor crampa, douleur physique intense survenant à la suite d'un effort prolongé, comme par exemple l'écriture au tableau ou la correction de copies. Cette douleur se calme généralement après un repos prolongé.
Nous ne dirons qu'un mot également des différentes affections de la colonne vertébrale, dues à des inclinaisons souvent répétées vers des tables trop basses. Ces affections peuvent être graves et longues, et sont plus courantes chez les spécimens les plus grands.
Par contre, les maladies de type psychique sont intéressantes à étudier, tant elles sont variées et nombreuses. La plus courante est le surmenage, dû à une activité intense (voir chapitre Mode de vie). Le professeur n'arrête plus de corriger des copies, préparer des cours, et passe d'une tâche à l'autre sans respirer ou presque. Au bout de quelque temps, il devient insomniaque, ne "récupère" plus. A ce stade, il doit impérativement prendre une période de repos qui lui permettra de retrouver un œil vif et un poil brillant.
(6) En 1985, 53 % des professeurs de collège s'estiment mal formés.
P.S. Un lecteur me fait part que mon "professor vulgus" aurait dû s'appeler "Magister/Magistra Vulgaris", et me fait grand crédit en pensant que c'est pour viser un public plus vaste, n'ayant pas de bases latines, que j'ai donné ce nom à mon "spécimen". Hélas ! Je ne mérite pas une telle gentillesse ! Comme je l'ai expliqué dans les notes du 13/9 et suivantes... mes bases latines se limitent à peu près à la chanson de Jacques Brel...
P.S. Suite et fin demain... (si vous le voulez bien... ;))
Que dire du prof vieillissant à qui l'on reproche des méthodes surannées alors que ses élèves alignent péniblement une phrase ? Et que moins d'un an plus tard, ces mêmes censeurs au service du système se trouvent désavoués par leur hiérarchie ? Très comique l'éduc nat depuis un certain temps ou un temps certain ?j'ai quitté ,dieu merci
Rédigé par: daclin | 26/11/2008 à 23:33